Une sanction du tribunal, pas une mesure de la banque
Le tribunal de commerce, le tribunal judiciaire ou une juridiction pénale prononce l’interdiction de gérer, souvent après une liquidation judiciaire marquée par des fautes de gestion. La Banque de France n’intervient pas : cette mesure ne figure ni au FCC ni au FICP.
FNIG : qui tient ce fichier et qui le lit ?
Le Fichier national des interdits de gérer est tenu par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. Il n’est pas ouvert au public ; les greffes le consultent lors des immatriculations et modifications de sociétés pour bloquer une nomination interdite.
Quinze ans au maximum, souvent beaucoup moins
La durée ne peut dépasser quinze ans et varie selon la gravité des fautes retenues par le jugement. L’inscription au FNIG disparaît à l’échéance fixée ou après un relèvement accordé par la juridiction qui a prononcé la sanction.
Interdit de gérer et interdit bancaire en même temps
Un dirigeant peut cumuler la sanction judiciaire et un chèque personnel rejeté inscrit au FCC. Les deux situations suivent des règles séparées ; la page sur la différence entre FICP et interdiction bancaire aide à identifier les fichiers réellement concernés.
Emprunter pour soi, pas pour une société
La sanction vise la direction d’entreprises commerciales, artisanales, agricoles ou de personnes morales. Un prêt personnel pour un logement, un véhicule ou un équipement familial n’est pas interdit par principe, mais il ne doit jamais financer indirectement une activité que l’on gère.
Gérant de fait : le risque à ne pas courir
Placer un proche comme gérant officiel tout en décidant soi-même expose à une requalification en gestion de fait. Violer l’interdiction constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende, selon les règles rappelées par les praticiens.
Comment une banque perçoit l’ancien dirigeant
Sans accès au FNIG, le prêteur découvre parfois la sanction par les annonces légales ou les questions du dossier. Il s’interroge surtout sur les dettes laissées par la liquidation, sur des cautions personnelles appelées et sur la stabilité des revenus actuels.
Redevenir salarié pour reconstruire un dossier
Rien n’empêche d’occuper un emploi salarié sans fonction de direction. Un contrat stable, des bulletins réguliers et un compte bien tenu redonnent progressivement de la crédibilité, comme pour tout salarié qui sort d’une période d’incidents bancaires.
Cautions personnelles et dettes de liquidation
Les engagements de caution signés pour la société restent dus par le dirigeant après la liquidation. Lorsque ces dettes dépassent les ressources, un dossier de surendettement auprès de la Banque de France peut être étudié selon leur nature, avec l’aide d’une association.
Obtenir un relèvement anticipé
La juridiction peut lever la sanction avant son terme si l’intéressé démontre un changement de situation : remboursement des créanciers, contribution au passif, conduite irréprochable. Cette requête se prépare avec un avocat et s’appuie sur des justificatifs précis.
Préparer un futur projet d’entreprise
Une fois l’interdiction expirée ou levée, un nouveau projet peut être financé par prêt d’honneur, microcrédit professionnel de l’ADIE ou banque classique. La page dédiée au financement d’un entrepreneur fiché présente ces réseaux d’accompagnement.
Promesses de « réhabilitation » payante
Des intermédiaires proposent d’effacer le FNIG, de racheter les dettes de liquidation ou de prêter à un ancien gérant contre une commission versée d’avance. Aucun opérateur privé ne peut supprimer une sanction judiciaire ; seul le tribunal peut la lever.
Remettre sa situation à plat pas à pas
- Relire le jugement pour connaître la nature exacte de la sanction, sa durée et la juridiction qui l’a prononcée.
- Demander son relevé FCC et FICP à la Banque de France afin de vérifier les éventuels fichages bancaires personnels.
- Lister les dettes restantes, notamment les cautions personnelles appelées après la liquidation, avec leurs montants et créanciers.
- Rencontrer une association comme Crésus ou un Point conseil budget pour établir un budget personnel réaliste.
- Envisager un dossier de surendettement si les dettes personnelles ne peuvent plus être remboursées.
- Consulter un avocat sur l’opportunité d’une requête en relèvement avant tout nouveau projet d’entreprise.
Ce que coûte la sortie d’une interdiction de gérer
| Poste | Repère | Commentaire |
|---|---|---|
| Durée maximale de la sanction | 15 ans au plus | Fixée par le jugement |
| Violation de l’interdiction | Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende | Sanction pénale du délit |
| Requête en relèvement | Honoraires d’avocat variables | Selon la complexité du dossier |
| Offre clients fragiles, en cas de FCC | 3 € par mois au plus (indicatif) | Compte personnel uniquement |
| Faux service d’effacement | Commission d’avance perdue | Aucun effet sur le FNIG |
Documents utiles à un ancien dirigeant
- Pièce d’identité et justificatif de domicile
- Copie du jugement prononçant la sanction
- Relevé FCC ou FICP de la Banque de France
- Liste des dettes et actes de caution signés
- Bulletins de salaire ou avis d’imposition récents
- Relevés de compte personnels
- Budget mensuel du foyer
Erreurs graves après une interdiction de gérer
- Confondre la sanction judiciaire inscrite au FNIG avec une inscription au FCC tenue par la Banque de France, et frapper à la mauvaise porte.
- Utiliser un prêt personnel pour financer en sous-main une société officiellement dirigée par un proche servant de prête-nom.
- Payer un intermédiaire qui promet de faire disparaître la sanction ou de prêter sans aucune vérification.
- Ignorer les cautions personnelles signées pour la société, qui restent exigibles après la clôture de la liquidation.
- Relancer une activité indépendante avant l’échéance de la sanction ou sans décision de relèvement.
Interdiction de gérer : réponses aux questions courantes
Les banques consultent-elles le Fichier national des interdits de gérer ?
Ce fichier n’est pas public ; il sert avant tout aux greffes lors des formalités des sociétés. Un prêteur peut néanmoins apprendre la sanction par les publications légales ou en interrogeant l’emprunteur, qui doit répondre honnêtement aux questions du dossier.
Peut-on ouvrir un compte personnel malgré l’interdiction de gérer ?
La sanction ne retire pas le droit d’avoir un compte personnel. En cas de refus d’une banque, la procédure de droit au compte de la Banque de France permet d’obtenir un compte doté des services bancaires de base.
Un ancien gérant peut-il devenir micro-entrepreneur ?
Pas pendant la durée de la sanction si l’activité relève de son champ, car il s’agit de diriger une entreprise. Il faut attendre l’échéance ou obtenir un relèvement, puis vérifier sa situation auprès du greffe avant de s’immatriculer.
La faillite personnelle est-elle la même chose ?
Non. La faillite personnelle est une sanction plus large, qui emporte notamment l’interdiction de gérer et d’autres déchéances. Le jugement précise laquelle a été prononcée ; un avocat ou une association peut en expliquer les effets concrets.
Organismes et sources officielles
Association qui finance et accompagne les créateurs d’entreprise exclus du crédit bancaire.
Aides à la reprise d’emploi et à la mobilité pour les demandeurs d’emploi.
Consultation des fichiers FCC et FICP, droit au compte, surendettement et inclusion bancaire.
Une inscription au FCC ou au FICP ne crée aucun droit au crédit : chaque prêteur évalue la capacité de remboursement. Ce site ne prête pas d’argent.
